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La BCE résiste aux pressions du marché et maintient ses taux d'intérêt à 2 %.

01/05/2026
Ana P. Alarcos

Les analystes estiment probable une hausse des taux d'intérêt lors de la réunion de juin, tout en prévenant que les prêts hypothécaires deviendront de plus en plus chers et que les effets de la guerre sur l'économie persisteront pendant des mois.

Les analystes ont exclu toute modification de la politique monétaire, compte tenu de l'incertitude qui plane toujours sur l'issue et l'impact de la guerre en Iran sur l'économie et les prix. Bien que le marché ait anticipé trois à quatre hausses de taux d'intérêt cette année, la BCE, dirigée par Christine Lagarde, a opté pour la prudence et attendra d'en savoir plus sur la nature du conflit – choc temporaire ou risque de crise énergétique durable – avant de prendre toute décision. La réunion de juin s'annonce cruciale et pourrait entraîner la première hausse des taux depuis septembre 2023.

Selon Juan Villén, PDG d'idealista/mortgages, « la BCE ne souhaite manifestement pas précipiter une hausse préventive des taux qui risquerait de freiner l'inflation déjà ascendante, conséquence du ralentissement économique en Europe, et qu'une telle hausse ne ferait qu'aggraver. »

La première hausse des taux d'intérêt pourrait intervenir en juin.

Les prêts hypothécaires deviendront de plus en plus chers.

Un impact négatif durable sur l'économie.
Calendrier des réunions de la BCE pour 2026.

La première hausse des taux d'intérêt pourrait intervenir en juin.

La prochaine réunion du Conseil des gouverneurs de la BCE, prévue le 11 juin, pourrait être l'occasion d'annoncer une modification des taux directeurs. Actuellement, le marché attribue une probabilité de plus de 80 % à une hausse.

Comme le souligne Juan Villén : « Dans les prochains mois, l'inflation devrait encore augmenter – ou se maintenir à son niveau élevé actuel – ce qui devrait inciter la BCE à intervenir et à relever les taux d'intérêt en juin, même de seulement 0,25 %. Il est possible que la BCE parie sur un choc inflationniste temporaire, qui ne se prolongera pas grâce à une solution à la crise du Moyen-Orient, et sur une faible demande intérieure qui empêchera la poursuite de la flambée inflationniste. Nous verrons bien ce qu'il adviendra, mais il semble certain que le pouvoir d'achat des consommateurs diminuera à nouveau.»

Ses prévisions rejoignent celles de la banque d'investissement Renta 4, qui insiste sur le fait que l'institution « ne doit prendre aucune décision précipitée et ne devrait relever ses taux que s'il existe des signes clairs de désancrage des anticipations d'inflation (pour lesquels les données sont encore insuffisantes). Comme Christine Lagarde l'a elle-même récemment indiqué, la zone euro se situe actuellement entre son scénario de base et un scénario défavorable, ce qui ne suffit pas à justifier une hausse des taux. »

Par ailleurs, ajoute-t-il, « le choc actuel (d'offre) est très différent de celui de 2022 (chocs d'offre et de demande, avec la fin de la pandémie de COVID-19), tout comme la situation des taux d'intérêt est très différente (taux neutres aujourd'hui contre taux négatifs en 2022). Il est important d'éviter de répéter les erreurs du passé : Jean-Claude Trichet, alors président de la BCE, a relevé les taux en 2008 et 2011 pour freiner une flambée de l'inflation liée à la hausse des prix du pétrole, avant d'être contraint de les baisser brutalement face à la crise financière majeure et à la crise de la dette européenne. »

Bien que Renta 4 n'exclue pas une hausse des taux d'intérêt de 25 points de base, elle estime que cette mesure interviendrait plus tard dans l'année et soutient que le marché « adopte une orientation excessivement restrictive (près de quatre hausses de taux déjà intégrées par le marché, contre aucune avant la crise), compte tenu de l'impact négatif potentiel sur la croissance ».

JP Morgan AM, la branche de gestion d'actifs de la banque d'investissement américaine, estime également que le marché a été « trop optimiste » quant aux hausses de taux d'intérêt. Pour l'instant, elle n'anticipe qu'une légère augmentation, à condition que le conflit au Moyen-Orient ne s'enlise pas.

Bank of America ne prévoit pas non plus de changements majeurs de politique monétaire. Selon l'évolution du conflit et son impact sur l'économie et l'inflation, elle anticipe deux hausses de taux lors des réunions de juin et juillet.

CaixaBank, quant à elle, estime qu'il pourrait y avoir deux ou trois hausses de taux d'intérêt d'ici la fin de l'année, ce qui porterait le taux directeur à 2,5 % ou 2,75 %. Selon le département de recherche de la BCE, plus le conflit au Moyen-Orient se prolonge, « plus le risque est grand que la hausse des prix de l'énergie se répercute significativement sur l'ensemble du panier de biens et services, alimentant ainsi l'inflation persistante. Pour gérer cette incertitude, nous estimons que la BCE souhaitera positionner sa politique monétaire à la limite entre neutralité et restriction (2,5 %) », voire la relever de 25 points de base (2,75 %) si l'inflation se maintient autour des 3 % actuels.

Les prêts hypothécaires deviendront de plus en plus chers.

Quelles que soient les prévisions concernant les taux d'intérêt pour les prochains mois, les experts s'accordent à dire que les conséquences de la guerre sur le marché hypothécaire seront de plus en plus manifestes.

  • El BCE aguanta la pressió del mercat i manté els tipus d'interès al 2%